Le Domaine Monrepos : un lieu chargé d’histoire

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Une histoire qui remonte au 12e siècle…

Situé au bord de la Dordogne, en amont de la ville de Libourne (33), le Domaine Monrepos possède son histoire, qui s’écrit sur plusieurs siècles. Cependant, faute de « notes historiques » suffisantes, permettons nous d’imaginer ce qu’elle a pu être…

Faisons la remonter d’abord à l’époque où l’Aquitaine était anglaise. Car, en 1270, c’est le roi Edouard d’Angleterre qui charge Sir Leyburn d’achever le tracé et la réalisation de la Bastide de Libourne, et c’est son nom qui serait à l’origine de celui de la ville.

C’est à cette époque également qu’a sans doute été établie, à l’emplacement du futur Domaine Monrepos, une Tour de Guet qui permettait à une petite garnison anglaise de surveiller la navigation sur la Dordogne, le fleuve étant alors la seule voie commode pour se déplacer.

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Une réussite familiale dans le négoce du vin

Faisons un saut dans le temps, avec une Aquitaine cette fois-ci française, sous le règne de Louis XIV…et imaginons la famille Fontroche, qui s’est enrichie principalement dans la production et le négoce de vin bordelais qui commence à gagner en réputation. En 1671, cette richesse permet à Antoine d’acquérir un titre de noblesse, devenant ainsi le Baron de Fontroche.

A l’âge de 76 ans, celui-ci décide de laisser le souci des vignes, des métairies et des intérêts commerciaux à son fils aîné, pour se retirer dans une campagne tranquille mais pas isolée. Il choisit sa métairie des Réaux pour faire construire une maison dans l’esprit de l’époque. Soucieux d’afficher son aristocratie, il se dit que la tour en ruine pourrait être le point de départ du bâtiment qu’il décide d’y accoler. Sa construction sera achevée en 1712.

La Tour va donc être redressée, avec son escalier de pierre en colimaçon qui dessert les 2 étages de la Demeure, et en son sommet un belvédère d’où l’on peut admirer le tertre de Fronsac, la ville de Libourne et les hauteurs de Saint-Emilion.

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Un nouveau destin…

Après le décès du baron Antoine de Fontroche, son fils Georges aurait dilapidé la fortune de son père et vendu le domaine Monrepos. Cela se passe dans la période troublée de la révolution, sans assurance de qui s’est porté acquéreur.

Toujours est-il que c’est Nicolas Montaudon, « président des administrateurs » de Libourne (c’est-à-dire maire) de 1795 à 1799, qu’on retrouverait propriétaire de Monrepos. La demeure est occupée par la famille Montaudon, ou tout au moins lui appartient jusqu’au décès en 1914 de la dernière descendante, Thérèse de Montaudon, veuve du vicomte de Larard, ex sous-prefet de Libourne.

Un 20e sciècle religieux…

Au cours de la Grande Guerre, le domaine abrite des réfugiés venus du nord. A la démobilisation, il est vendu à une société prête-nom « Les amis du Cénacle » pour honorer le leg fait par Thérèse à une congrégation religieuse, car nous sommes après les lois de séparation de l’Eglise et de l’Etat qui interdisent aux congrégations d’acquérir des biens. Des soeurs de Cénacle habitent ainsi le lieu, qui accueille également des personnes pour des retraites religieuses, ou encore des jeunes pour préparer leur communion ou confirmation.

Une partie du RDC de la Demeure est alors transformée en chapelle, et un grand vitrail qui remplace une porte d’entrée lui donne l’atmosphère appropriée, toujours en place à l’heure actuelle.

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Réhabilitation de la « Villa » et réhausse de la « Demeure »

Pour pouvoir accueillir les « retraitants », l’ancien corps de ferme est investi par les sœurs, qui en font leur lieu de résidence. Un étage est ajouté pour y installer 12 cellules. C’est ce bâtiment qu’on appelle maintenant la « Villa Monrepos »: là où se trouve la colocation senior.

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La Demeure est également réhaussée d’un troisième étage, qui comporte 13 petites chambres pour accueillir les retraitants (comparer photo d’époque en noir et blanc avec la photo ci-dessous) . C’est ainsi que le « Belvédère » perd son panorama à 360°…

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La vente du couvent Monrepos…pour de nouvelles aventures !

A la fin des années 90, la communauté religieuse se trouvant fort réduite, faute de vocations…le Domaine Monrepos devient une charge trop importante. Il est alors décidé de le vendre.

C’est dans un 1er temps 3 hectares qui sont vendus à un promoteur et où se trouve maintenant l’impasse Monrepos avec une trentaine de pavillons. Le reste du domaine, tel qu’il est aujourd’hui, est ensuite vendu à des particuliers nouvellement retraités, M. et Mme Manuaud.

Christian Manuaud avait grandi dans ce quartier et venait, enfant, passer ses jeudis après-midi avec les enfants du quartier à Monrepos. Amoureux de ce lieu, il voulait préserver ce qu’il en restait et le faire revivre.

Lorsqu’ils décident à leur tour de le revendre 20 ans après, ils sont séduits par notre projet, et privilégient notre offre, pourtant inférieure à celle d’un promoteur. C’est ainsi que se poursuit l’aventure du Domaine Monrepos !

Nous exprimons ici notre reconnaissance à M.et Mme Manuaud, et rendons également hommage à Christian qui a écrit le roman « La maison » (éditions La Bruyère), imaginant sous forme de fiction son histoire, mais avec une riche documentation historique. De nombreux extraits alimentent cet article.

J’espère que ce récit vous aura intéressés, et je prie les historiens de pardonner les libertés prises avec « la petite histoire »! Pour encore plus de détails, je vous invite bien-sûr à lire le livre!

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